Territoires en mouvement : capital, État, vision
Chooune Alistitmar
Par Mohamed El Aidi Idrissi – Analyste politique, Acteur territorial
Dans un monde en pleine transformation, où la préservation du patrimoine écologique n’est pas un luxe mais une nécessité globale, les territoires doivent aussi avoir leur part de croissance
Le vrai enjeu du développement régional réside dans l’équation qui rend un territoire attractif : la mobilisation du capital privé, l’appui institutionnel et la vision stratégique de l’État
À nos voisins méditerranéens , en l occurence, – Espagne, France – et dans les modèles anglo-saxons, on observe que la réussite territoriale repose sur la convergence du capital, de la gouvernance et de projets porteurs de sens
Ben Guerir , Rhamna est déjà, depuis 20 ans, un territoire modèle : ville verte, centre de savoir et de recherche, universités de renom, coopération internationale d’envergure. Ce territoire exporte son soft skills vers Rabat, Casablanca et d’autres villes, renforçant son influence nationale. Inscrit dans la vision 2030 du Maroc pour la Coupe du monde, Ben Guerir saisit cette aubaine pour se positionner sur le tourisme, à travers des alliances stratégiques avec des acteurs majeurs comme la CDG, consolidant ainsi sa place dans la carte des villes pionnières du Royaume
Beni Mellal, avec sa liaison autoroutière Casablanca–Beni Mellal à seulement 2h,21 mn de la grande ,métropole du Royaume, son aéroport moderne, ses sites touristiques et sa diaspora engage , et très actif a l international,dispose également de fondations solides pour devenir un territoire d’excellence. Cependant, le capital national – y compris celui de la diaspora – reste encore trop réservé, laissant une marge de progression importante
L’équation est claire : pour que ces territoires deviennent pleinement moteurs de croissance, le capital privé doit partager le risque avec l’État. Les grands groupes, les banques, les compagnies aériennes, les promoteurs immobiliers, les investisseurs dans le tourisme de luxe – à l’instar de Casablanca ou Rabat – ainsi que les laboratoires, cliniques et sociétés de médicaments, doivent suivre l’effort de l’État en assurant une présence active dans les régions en manque, même à fond perdu, pour concrétiser la vision stratégique
Les walis sont déjà des profils d’hommes et femmes d’État, tandis que les présidents élus des régions doivent suivre cette dynamique. Les partis politiques, de leur côté, doivent travailler d’arrache-pied pour identifier et présenter les meilleurs cerveaux issus des 12 régions du Royaume, capables de traduire la vision territoriale en actions concrètes et durables
Enfin, pour créer des territoires résilients, compétitifs et innovants, il est essentiel de s’inspirer à la fois des voisins méditerranéens et des modèles anglo-saxons. La convergence du capital privé, de l’État et des élites éclairées constitue la clé d’une croissance équilibrée et durable, faisant de chaque territoire un levier de puissance collective